Hissar, Tadjikistan

A l’ouest de Douchanbé, il existe une région où, à partir de 2000 ans av. J.-C., des peuplades s’installèrent et développèrent leur propre civilisation que l’on appela la culture d’Hissar. Cette région est celle de la ville d’Hissar, située dans une splendide vallée peuplée portant le même nom, à 35km à l’ouest de la capitale. Son climat est continental. La forteresse d’Hissar fut construite au XVIIIème siècle puis étendue un siècle plus tard. Elle était la résidence d’été des émirs de Boukhara et est aujourd’hui l’une des principales attractions touristiques de la région. Le mot «Hissar» provient de l’arabo-turc et signifie justement «forteresse». Cette forteresse historique, avec ses ponts et tours cylindriques, comprend également un poste de surveillance, une prison, la Médersa, Khuna, un mausolée avec des tombes, un caravansérail, de même qu’une bibliothèque et le mausolée de Mahdumi Azam, un titre honorifique du XVIème siècle attribué au cheikh Ahmat. L’architecture des monuments de la forteresse sont typiques de l’Asie Centrale avec des ornements traditionnels. De ce site, vous pouvez admirer la vue imprenable sur les montagnes de Gissar (autre nom d’Hissar) et sa vallée fertile.

gissar

Le mur de la forteresse et le grand pont à l’entrée sont bien préservés. Ce dernier est cerné de deux tours coniques dessinant une arche au-dessus de la porte. Face à cette entrée, s’ouvre le parc du Registan. D’un côté, vous apercevrez deux médersas. La plus ancienne se démarque par sa grande cour et des entrées vers des cellules (khudkhr). Jusqu’au XXème siècle, elle accueillait entre 100 et 120 étudiants venus étudier le Coran. Plus tard, une bibliothèque et un musée furent construits dans la plus ancienne médersa. Le musée expose des céramiques et bijoux, de même que des vêtements locaux qui attirent toujours l’attention des voyageurs.

Plusieurs légendes à propos de la forteresse sont contées par les habitants. L’une d’entre elles raconte que la forteresse d’Afrosiyab fut construite pour se protéger des armées de Rostam. Ces deux personnages sont des héros célèbres du Shâhnâmeh, Livre des Rois, écrit par le poète iranien Ferdowsi entre 977 et 1010. Selon une autre légende, le calife Ali et son cheval Duhl-Duhl, vinrent en ce lieu pour vénérer l’Islam. Il prêcha et campa dans la montagne Poi-Duhl-Duhl, à l’ouest d’Hissar. Lorsqu’il se dirigea vers la forteresse, quelqu’un le reconnut immédiatement et voulut l’attraper et l’emprisonner. Mais son noble éperon portait toujours l’Epée de Zulfikar, et Ali usa de celle-ci pour combattre ses ennemis, dont le malfaisant sorcier qui occupait la forteresse en ces temps.

Lors d’un séjour dans la région, vous découvrirez deux bâtiments du Jardin d’Hissar, près du village de Madm : le premier sur le plateau, dans un village, le second au sommet d’une montagne. Tous deux sont des monuments impressionnants des VI-VIIIème siècles.Ils sont considérés comme des constructions uniques en Asie Centrale. Les architectes de palais comprirent comment utiliser leur savoir et expérience ainsi que les éléments de construction essentiels pour créer ces structures précieuses. Ce style donne un caractère unique à la forteresse, par rapport aux autres monuments bien connus de la région. Le pont et les grattoirs étaient sur un seul niveau, alors que les salles des festivités et divertissements, de même que les pièces personnelles et utilitaires étaient sur une plateforme construite trois mètres plus haut.

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